« Le battement de cœur d’une montre – Comment fonctionne le mécanisme d’une montre automatique »
Les montres-bracelets mécaniques qui puisent elles-mêmes l’énergie nécessaire à leur fonctionnement, et n’ont donc plus besoin d’être remontées, réunissent un véritable savoir-faire horloger et une grande précision. L’Anglais John Harwood est considéré comme l’inventeur de la première montre automatique. Inspiré par des enfants jouant sur une balançoire à bascule, il mit au point un mécanisme de remontage automatique qu’il fit breveter en Suisse. Mais ce n’est qu’avec le rotor Perpetual, développé par Rolex en 1931, que la montre automatique devint réellement portable au quotidien. Ce rotor exploite les moindres mouvements pour remonter la Rolex Oyster Perpetual. La grande précision de marche de ces montres-bracelets est devenue légendaire et fait aujourd’hui partie du répertoire de presque tous les fabricants de garde-temps de luxe.
Comment fonctionne le battement de cœur d’une montre automatique ?
Le terme « montre automatique » désigne les montres-bracelets mécaniques qui se remontent d’elles-mêmes grâce aux mouvements de leur porteur et alimentent ainsi le mouvement en énergie. Dans une montre automatique, un rotor intégré exploite les lois physiques de la gravité et de l’inertie et exerce un couple sur le mécanisme de remontage. Il existe des systèmes dans lesquels le rotor parvient à emmagasiner l’énergie cinétique même en apesanteur. Certes, la mécanique interne d’une montre automatique paraît plutôt complexe au profane, mais elle se porte, s’entretient et se manipule facilement, comme en témoigne de manière exemplaire la longue histoire de la Rolex Oyster Perpetual. Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les montres mécaniques, mais aussi des montres à quartz qui sont animées par un système automatique.
Dans tous les cas, c’est l’énergie cinétique du poignet qui entraîne le rotor de remontage. Lorsqu’un mouvement à quartz doit être alimenté en énergie électrique, celle-ci est produite par un petit générateur qui recharge l’accumulateur ou le condensateur. Les premières montres automatiques étaient encore très chères comparées aux autres montres-bracelets mécaniques. Après la Rolex Oyster Perpetual, des montres signées notamment Junghans et d’autres fabricants arrivèrent sur le marché. La montre automatique est entraînée soit par un rotor central, qui tourne au-dessus du mouvement et exploite toute la taille du boîtier, soit par un micro-rotor, intégré directement dans le mouvement, qui lui fournit l’énergie.
Les différents systèmes d’entraînement d’une montre automatique
L’entraînement par rotor central
La masse oscillante montée sur roulement à billes se déplace au centre du mouvement et est généralement fixée sous celui-ci, côté fond. On peut ainsi exploiter toute la taille du boîtier pour produire de l’énergie. La masse oscillante se compose en règle générale d’une masse en demi-cercle, réalisée dans un métal lourd comme le platine ou l’or. Elle tourne parallèlement au mouvement et veille à ce que le ressort moteur soit toujours armé de façon régulière. Lorsque la montre bouge avec le poignet, la masse oscillante se met en mouvement. L’énergie ainsi produite par le rotor est transmise au ressort de barillet, qui remonte le mouvement. De minuscules roulements à billes permettent au rotor de tourner librement et avec un minimum de frottement. Le remontage s’effectue soit dans un seul sens, soit dans les deux sens de rotation. Ce système d’inverseur est plus complexe à construire, et donc aussi plus coûteux. En règle générale, le rotor est monté sous le mouvement et y tourne librement autour de son axe central. Pour obtenir un tour de l’arbre de barillet, le rotor doit effectuer environ 150 rotations. L’intégration d’un rotor central empêche toutefois de concevoir un boîtier aussi plat.
Le rotor central avec inverseur
Ici, chaque sens de rotation fournit de l’énergie au mouvement. Le premier calibre à inverseur fut construit par Felsa dès 1942. Selon le sens de rotation du rotor central, une bascule transmettait l’énergie au barillet en utilisant pour cela une ou deux roues dentées. Longines développa également un rotor central à inverseur, dans lequel un excentrique doté de cliquets d’entraînement et d’arrêt transmettait au barillet l’énergie cinétique du poignet. Peu de temps après, un ingénieur d’Eterna mit au point un minuscule roulement à billes à faible frottement, qui fut breveté et utilisé par de nombreux autres fabricants. Le remontage Pellaton, développé par IWC, récupérait lui aussi l’énergie dans les deux sens de rotation : un système ingénieux de cliquets y interagit avec précision avec une came. Contrairement à un rotor central à remontage unidirectionnel, le rotor central avec inverseur peut exploiter et convertir toute l’énergie pour entraîner le mouvement. L’inverseur à roues dentées comme l’inverseur à cliquets et à excentrique se retrouvent encore aujourd’hui dans les montres-bracelets à mouvement automatique.
L’entraînement par micro-rotor
Lorsque, dans les années 1950, le public privilégiait des montres-bracelets particulièrement plates et élégantes, les montres automatiques entraînées par un rotor central eurent du mal à s’imposer. La plupart de ces montres présentaient une hauteur de boîtier d’environ 5,5 millimètres : il fallait y loger non seulement le rotor central, mais aussi les aiguilles montées au centre. En 1954, la manufacture horlogère Büren Watch fut la première à réussir non seulement à réduire la taille du rotor, mais aussi à l’intégrer dans le mouvement lui-même. Les montres automatiques pouvaient désormais être plus plates. La masse oscillante du micro-rotor est certes nettement plus petite que celle du rotor central, mais elle est en contrepartie plus épaisse.
Quelle est la différence entre une montre automatique et une montre à remontage manuel ?
Le délicat rouage d’une montre est dans tous les cas entraîné par le ressort moteur logé dans le barillet. Sur une montre à remontage manuel, c’est la rotation de la couronne qui réenroule ce ressort autour de la bonde, afin que la montre continue de fonctionner. Le ressort est fixé à la fois à la paroi intérieure du barillet et à la bonde. Lorsque le ressort est entièrement armé, le porteur de la montre le sent à la couronne. En se détendant, le ressort entraîne le rouage par des rotations extrêmement lentes. Aussi sophistiqué que soit le ressort, son couple reste irrégulier. Moins le ressort est armé,
plus il perd de force, l’amplitude du balancier diminue – et la montre retarde légèrement. Le couple initial est lui aussi un peu plus faible. Dans une montre automatique, le rotor veille à réalimenter constamment le ressort en énergie. Tant que la montre est portée au poignet, le couple du ressort reste dans la plage optimale. Ce n’est que lorsqu’elle reste immobile et n’est pas portée pendant une période prolongée que la force du ressort moteur s’épuise. Alors seulement, le couple devient aussi irrégulier que sur une montre à remontage manuel. Une montre automatique portée régulièrement – ou du moins avant l’épuisement de sa réserve de marche – est donc plus précise. Ceux qui souhaitent alterner entre plusieurs montres-bracelets automatiques utilisent des remontoirs de montres, qui maintiennent le mécanisme automatique en marche en permanence.
La Rolex Oyster Perpetual, une référence certifiée
Les montres Rolex tiennent les promesses de leur fabricant. De nombreux tests l’ont prouvé. Ainsi, une Rolex Oyster étanche a par exemple traversé la Manche à la nage, dix heures durant, au poignet de la nageuse Mercedes Gleitze, prouvant qu’elle était réellement étanche. Rolex n’a cessé de perfectionner les performances techniques de la Rolex Oyster Perpetual, qu’elle fait tester et certifier par le Contrôle officiel suisse des chronomètres. Comme toute montre automatique, le mouvement Perpetual exploite l’élan des moindres mouvements de son porteur pour se remonter tout seul. Le ressort de la Rolex Oyster Perpetual étant toujours armé de façon régulière, la montre fonctionne avec précision et une parfaite régularité. Même en cas de mouvements brusques, le ressort ne peut pas être trop remonté :
c’est ce que garantit la bride glissante, également appelée « bridge ». Lorsque la montre est retirée pour la nuit, la réserve de marche veille à ce que le mouvement ne s’arrête pas. Selon la montre automatique, cette réserve de marche se situe généralement entre 12 et 36 heures ; la Rolex Oyster Perpetual dispose d’une réserve de marche d’au moins 42 heures. Le principe « Oyster Perpetual » est appliqué dans de nombreux calibres de la marque et ne se limite pas à la collection Oyster Perpetual elle-même. Sur les cadrans des collections Air-King, Submariner, Yacht-Master et bien d’autres, on peut lire « Oyster Perpetual », le plus souvent juste sous le logo Rolex.


