« Accroche-regard et complément fonctionnel d'un accessoire horloger »
De la mesure précieuse du temps en plongée à la lecture de fuseaux horaires supplémentaires en voyage, en passant par le calcul de vitesses moyennes au volant d'une voiture de course : la polyvalence fonctionnelle de la lunette est sans limites. Disponible dans des constructions et des matériaux très variés, elle compte, tant sur le plan pratique qu'esthétique, parmi les composants majeurs de nombreuses montres modernes. Nous vous expliquons les différentes fonctions, matériaux et designs de cet anneau, conçu à l'origine uniquement pour maintenir le verre.
Qu'est-ce que la lunette d'une montre ?
Avant tout, le terme ne désigne rien d'autre que le pourtour du cadran. Une lunette n'a besoin d'être ni tournante ni richement travaillée pour mériter ce nom. Elle peut être extra-épaisse, comme la lunette Rolex de la Sea-Dweller, ou ultrafine, comme l'anneau d'une Junghans Max Bill. Sa fonction centrale reste dans tous les cas de maintenir le verre de montre, qui protège le cadran et les aiguilles des agressions extérieures.
Le composant tire son nom du français « lunette » (« petite lune »), car il entoure le cadran comme la Lune tourne autour de la Terre. Outre la simple lunette fixe sans inscriptions, telle qu'on la trouve par exemple sur la Rolex Datejust, quatre types spécifiques majeurs se sont imposés depuis le milieu du XXe siècle ; nous les présentons dans les sections suivantes.

1.) Lunettes de plongée tournantes unidirectionnelles
De la lunette Omega d'une Seamaster à l'emblématique lunette tournante d'une Rolex Submariner : la lunette de plongée est le classique fonctionnel de toutes les sorties en mer. Son mode d'utilisation explique pourquoi elle ne doit tourner que dans un seul sens : généralement dotée d'une échelle de 60 minutes, elle est tournée au début de la plongée de sorte que la flèche coïncide avec la position actuelle de l'aiguille des minutes. Avec une échelle de minutes croissante (« count-up »), le plongeur peut alors lire à tout moment le temps écoulé depuis son immersion.
Une rotation accidentelle vers l'avant, possible avec les lunettes bidirectionnelles, serait fatale, car elle ferait croire au plongeur que sa bouteille d'air comprimé dispose d'une autonomie plus longue. Il en va de même pour l'échelle décroissante « count-down », pour laquelle il faut synchroniser l'aiguille des minutes avec la durée de plongée maximale (par ex. 20 minutes). Lorsque l'aiguille des minutes atteint la flèche, il est grand temps de remonter. La plupart des lunettes de plongée s'encliquettent sur 60 positions ; certaines variantes misent sur 120 crans.
2.) Lunettes fixes de chronographe avec échelle tachymétrique
Sur des chronographes comme la célèbre Omega Speedmaster Moonwatch, l'échelle tachymétrique compte parmi les éléments stylistiques les plus importants. Elle ne nécessite pas de lunette tournante : gravée sur un anneau fixe, elle sert à mesurer des vitesses moyennes. Le principe est simple : on déclenche le chronographe, on parcourt une distance définie et on lit le chiffre sur lequel s'arrête l'aiguille des secondes. Après 20 secondes, elle indique par exemple « 180 ».
Si le pilote avait parcouru exactement un kilomètre en 20 secondes, sa vitesse moyenne serait de 180 km/h. Le système fonctionne non seulement en kilomètres par heure, mais avec toute autre unité pour laquelle on mesure l'intervalle de temps entre deux unités.
3.) Lunettes GMT tournantes bidirectionnelles avec échelle 24 heures
Lorsque la montre possède une seconde aiguille des heures pour afficher un autre fuseau horaire (complication GMT), elle dispose souvent d'une lunette tournante bidirectionnelle avec échelle 24 heures. L'aiguille GMT n'effectuant qu'un tour en 24 heures, cette échelle indique l'heure exacte du jour ou de la nuit dans le fuseau horaire souhaité – à condition que la lunette soit dans sa position standard, le « 24 » placé en haut au centre.
En tournant la lunette dans le sens horaire (décalage horaire négatif) ou antihoraire (décalage horaire positif), on peut même afficher un troisième fuseau horaire par rapport à l'heure de référence. Pour distinguer les heures de jour et de nuit, Rolex a conçu pour la GMT-Master II les designs de lunette sans doute les plus célèbres de tous les temps : la lunette Pepsi rouge et bleu et la lunette Batman noir et bleu.
[box type="note" align="" class="" width=""]Ces deux combinaisons de couleurs ont été largement reprises par d'autres fabricants et confèrent aux modèles originaux une valeur de collection extrême, qui se traduit par des prix de marché nettement supérieurs au prix de vente conseillé.[/box]
4.) Lunettes à règle à calcul
La plus célèbre lunette Breitling a été lancée en 1952 sur la Navitimer et a révolutionné le monde non numérique de l'aviation. Pour la première fois, les pilotes pouvaient, avec un seul et même instrument, calculer leurs taux de montée et de descente, la distance parcourue, la consommation de carburant ainsi que de nombreuses autres données, vitales en cas d'urgence. Détailler ici la règle à calcul dépasserait le cadre de cet article.
Une chose est sûre : cet assemblage d'échelles d'apparence complexe est, plus que tout autre élément, à l'origine de l'esthétique inimitable de la Navitimer. Pour les propriétaires d'une règle à calcul, il vaut la peine d'en apprendre le fonctionnement afin d'effectuer en un clin d'œil des opérations courantes comme la règle de trois, les conversions de devises et les multiplications.
Les principales questions sur la lunette, en bref :
La possibilité de tourner la lunette permet au porteur d'utiliser rapidement et simplement des fonctions spécifiques, par exemple le suivi du temps de plongée ou la conversion rapide de devises ou d'unités de mesure.
Matériaux : aluminium ou céramique ?
Pour le choix du matériau des lunettes, l'aluminium et la céramique sont souvent proposés. L'aluminium est léger et économique, mais se raye facilement, tandis que la céramique est plus lourde, mais aussi résistante aux rayures et plus durable.Les lunettes sans fonction supplémentaire, comme la lunette cannelée d'une Rolex Datejust, reprennent généralement l'acier du boîtier ou sont réalisées dans un matériau contrastant comme l'or, afin de créer un look bicolore.
En revanche, pour les montres de plongée et autres montres à échelle intégrée, il faut distinguer la lunette elle-même de l'insert, qui est logé dans l'anneau.
L'insert est généralement en aluminium ou en céramique :
- Aluminium : reconnaissable à sa finition mate, l'aluminium se retrouve souvent sur les modèles d'entrée de gamme et reste très sensible aux rayures malgré sa couche protectrice. La décoloration sous une exposition régulière au soleil compte également parmi les inconvénients de ce matériau, dont la dureté est à peu près équivalente à celle d'un boîtier en acier inoxydable. En contrepartie, l'aluminium marque des points grâce à un remplacement peu coûteux.
- Céramique : environ cinq fois plus dur que l'aluminium, l'insert en céramique est la référence absolue dans l'univers des matériaux de lunette. Sa fabrication complexe destine ce look brillant aux montres haut de gamme et onéreuses, qui profitent de son extrême résistance aux rayures, de sa tenue à la chaleur et de l'intensité inaltérable de ses couleurs. La tâche devient particulièrement ardue pour les variantes multicolores comme la lunette Pepsi, qui exigent une séparation des couleurs parfaitement nette. Inconvénients de la lunette en céramique : son prix élevé, un remplacement souvent impossible et le risque de casse sous une forte pression.
Des possibilités infinies
Outre l'aluminium et la céramique, il existe des dizaines de façons de concevoir une lunette. Le revêtement en verre saphir est très apprécié, par exemple sur la montre de plongée haut de gamme Blancpain Fifty Fathoms : il porte la résistance aux rayures à son paroxysme et confère un élégant aspect « glossy ». Les revêtements en carbure de titane gagnent eux aussi en popularité.
Des innovations comme la technologie TEGIMENT du fabricant francfortois Sinn misent sur un durcissement superficiel de l'acier inoxydable et se passent entièrement de revêtement. Les anciens modèles de la Rolex Daytona sont d'autres exemples de montres qui renoncent totalement à un insert.



