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Spiral en silicium : histoire, avantages et fabrication

Die Siliziumspirale

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« Stable en température, résistant à la corrosion, léger et extrêmement souple »

Véritable métronome du mouvement mécanique, le spiral détermine dans une large mesure la précision de la mesure du temps. Constamment perfectionné au fil des siècles, ce composant d'une grande finesse connaît depuis 20 ans une révolution singulière : l'emploi du silicium. Avec sa robustesse, sa fiabilité et sa longévité extrêmes, le spiral en silicium s'impose comme la solution de l'avenir. Nous vous dévoilons le secret et l'histoire fascinante de cette innovation moderne.

Le spiral – le cœur battant du mouvement

L'histoire du spiral remonte à 1675, lorsque le physicien néerlandais Christiaan Huygens travaille à l'optimisation de l'ensemble balancier-spiral. Il comprend qu'une cadence régulière de l'indicateur horaire n'est possible qu'à l'aide d'un ressort spiral souple : celui-ci freine l'oscillation du balancier, le ramène et le fait osciller dans la direction opposée. Un système aussi génial qu'indispensable, dont le principe de base se retrouve aujourd'hui encore dans chaque mouvement mécanique.

Christiaan Huygens spiral en silicium
Christiaan Huygens, peint en 1671 par Caspar Netscher

Au cours des siècles suivants, l'invention de Huygens incite de nombreux horlogers à perfectionner le spiral. Avec succès : tandis qu'Abraham Louis Breguet améliore la précision en 1796 en relevant la dernière spire (« spiral Breguet »), le mathématicien français Eduard Phillips parvient 60 ans plus tard à calculer la courbure parfaite. Lorsque l'ingénieur suisse Reinhard Straumann découvre enfin en 1931 un nouvel alliage, le « Nivarox », l'histoire du spiral semble avoir trouvé une issue heureuse – la précision et la fiabilité n'ont jamais été aussi élevées. Pendant 70 ans, l'innovation de Straumann allait rester le nec plus ultra dans l'univers des spiraux.

Recherche et percée jusqu'au spiral en silicium

Mais en 2001 au plus tard, lorsqu'Ulysse Nardin présente dans la collection Freak deux roues d'échappement en silicium, une nouvelle ère de l'horlogerie mécanique se dessine. La concurrence réagit d'abord avec réserve. Mais lorsque la marque de luxe lance peu après le premier spiral de balancier dans ce nouveau matériau, les grands acteurs sont sous le choc : Patek Philippe, Rolex et le Swatch Group s'associent pour financer la recherche sur le spiral en silicium.

Ulysse Nardin Freak Out dans la version 2053-132-BLACK Ulysse Nardin Freak Vision dans la version 2502-250LE

Une percée s'impose. Pour accélérer le processus, cette puissante alliance associe au développement le Centre suisse d'électronique et de microtechnique (CSEM) ainsi que l'Institut de microtechnique de l'Université de Neuchâtel. Des forces conjuguées qui se heurtent bientôt à un défi de taille. Car, tout comme les métaux ordinaires, le silicium, un métalloïde, est sensible aux variations de température : la chaleur le dilate, le froid le contracte. Une propriété incompatible avec la structure délicate d'un spiral. Fort heureusement, les recherches assidues de l'alliance suisse aboutissent à une solution élégante : l'ajout d'une fine couche d'oxyde de silicium confère au composant une résistance thermique et une fiabilité nettement supérieures.

Tissot Le Locle Powermatic 80 dans la version T006-407-11-052-00 spiral en silicium Tissot Le Locle Powermatic 80 dans la version T006-407-36-053-00 spiral en silicium

En 2006, la technologie est produite en série dans la Patek Philippe 5350, avant d'être progressivement introduite dans les célèbres calibres Co-Axial de la marque Omega. Aujourd'hui, les spiraux en silicium conquièrent toutes les gammes de prix : on peut s'en offrir un pour quelques centaines d'euros seulement avec le calibre Powermatic 80 de la maison Tissot.

Impressionnant : la multitude des avantages

Quelle que soit la gamme de prix, ces spiraux modernes offrent une série d'avantages décisifs par rapport aux versions traditionnelles. Le silicium monocristallin utilisé présente ainsi une structure cristalline proche de celle du diamant, ce qui le rend environ 60 % plus dur et 70 % plus léger que l'acier. Se distinguant en outre par sa résistance à la corrosion et aux champs magnétiques, le matériau séduit par une élasticité remarquable - la condition idéale pour des spiraux d'une extrême finesse.

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© arthurdent – stock.adobe.com

Justement, la finesse : sur les modèles conventionnels, des chocs violents entraînent souvent des déformations désastreuses. Comme le spiral en silicium supporte des contraintes jusqu'à cinq fois plus fortes, il réduit considérablement le risque d'une telle déformation. D'autres composants du mouvement, comme l'ancre et la roue d'échappement, tirent d'ailleurs eux aussi profit de ce matériau : sa surface extrêmement lisse permet en effet de se passer d'huiles sujettes au vieillissement.

Ultramoderne et sophistiquée : la fabrication

Le spiral en silicium ne peut exprimer tous ses atouts que s'il a été fabriqué avec une exactitude absolue. Le procédé comporte plusieurs étapes, à commencer par une plaquette de silicium, ou « wafer » : il s'agit d'un disque d'environ 15 centimètres dans lequel seront ensuite gravés quelque 600 spiraux. La première opération est la photolithographie, qui consiste à appliquer une fine couche de résine photosensible sur le wafer. Cette résine protège le matériau lors du traitement suivant, la « gravure ionique réactive profonde », au cours de laquelle des gaz corrosifs enlèvent la matière jusqu'à la hauteur visée d'environ un millimètre. Pour séparer sans dommage le wafer ultrafin de son support, on utilise un acide spécial. Toujours fixés dans le wafer, les minuscules spiraux sont alors mesurés par échantillonnage, avant l'oxydation qui leur confère la résistance thermique évoquée plus haut.

L'épaisseur de la couche d'oxyde, de seulement 0,003 millimètre, illustre l'incroyable finesse de ces étapes. Au total, trois semaines s'écoulent avant que le spiral en silicium puisse être détaché du wafer puis monté dans le calibre. Trois semaines durant lesquelles un large éventail de procédés chimiques a été mis en œuvre pour créer un résultat fascinant. Des années, et probablement même des décennies durant, ce petit composant assurera une grande précision au poignet de son propriétaire - que ce soit dans une Tissot Powermatic 80, une Omega Co-Axial ou une Patek Philippe d'exception. Ce petit spiral nous montre ainsi de manière saisissante pourquoi notre passion pour les chefs-d'œuvre mécaniques est si grande.

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