« Les montres dans l'espace – événements mémorables, montres célèbres »
L'équipement de tout pilote spatial comprend naturellement une montre, si bien que de nombreux grands moments de l'histoire de la conquête spatiale sont toujours associés à des modèles horlogers d'exception. Découvrez quelles montres ont déjà voyagé en orbite et quel chef-d'œuvre reste à ce jour la seule montre à s'être posée sur la Lune.

La première montre dans l'espace
Le 12 avril 1961, le lancement de la première fusée soviétique ouvrait le chapitre des vols spatiaux habités : Youri Gagarine devenait le premier homme à partir dans l'espace à bord du vaisseau Vostok 1, et avec lui la première montre, une « Sturmanskie », fabriquée par la Première manufacture horlogère de Moscou. Ce premier vol dura 106 minutes, et le pilote comme sa montre revinrent sains et saufs sur Terre. Ces montres-bracelets russes restent aujourd'hui prisées des collectionneurs, même si l'on y apprécie surtout la robustesse de l'instrument. Conçues pour l'usage plutôt rude de l'armée russe, elles n'évoquent pas pour le connaisseur le luxe qu'offrent une Rolex ou une Tag Heuer.
Un chronomètre Tag Heuer en orbite autour de la Terre
Lorsque John Glenn fit, le 20 février 1962, trois fois le tour de la Terre en cinq heures à bord de la capsule Friendship 7, le pilote américain portait avec son chronomètre Reference 2915A de Tag Heuer un instrument de précision suisse. « Que dire d'une journée où l'on a vu quatre magnifiques couchers de soleil ? », déclara plus tard l'astronaute américain à propos de ce jour qu'Elon Musk, PDG et fondateur de l'entreprise spatiale privée américaine SpaceX, qualifia cinquante ans plus tard de « grand jour pour l'Amérique et pour le monde entier. Et sans aucun doute une étape importante de la conquête spatiale ». Le 25 mai 1961, à peine six semaines après le premier vol spatial habité, le président américain John F. Kennedy annonçait lors d'une session du Congrès l'objectif d'envoyer un homme sur la Lune et de le ramener avant la fin de la décennie. La course à la suprématie spatiale entre Soviétiques et Américains était lancée. Pour la mission, Glenn portait au poignet un bracelet en caoutchouc spécialement fabriqué par la NASA, auquel était fixée la Tag Heuer. La montre originale portée par John Glenn a depuis trouvé une place méritée au National Air & Space Museum de Washington D.C., mais une réplique est également exposée en Suisse, au Musée Tag Heuer 360° de La Chaux-de-Fonds.
Une réédition Tag Heuer 50 ans plus tard
Pour le 50e anniversaire du vol spatial de la Reference 2915A, Tag Heuer a lancé la Carrera Calibre 1887 SpaceX, un modèle héritier dont le design s'inspire de son illustre aînée. Le boîtier, qui abrite le mouvement automatique ultramoderne du calibre 1887, est légèrement plus grand que l'original historique. La Carrera Calibre 1887 SpaceX a elle aussi été testée dans l'espace. La capsule Dragon de la fusée SpaceX Falcon 9 a emmené la montre jusqu'à l'ISS, la Station spatiale internationale, un voyage qui orne désormais le fond de la montre sous forme de gravure. Esthétiquement, la Carrera est une véritable réminiscence de la Reference 2915A : les chiffres arabes sont identiques à ceux de la montre de Glenn. Un bracelet en cuir marron, comme le voulait la mode des années 1960, complète la montre.
Prendre de la hauteur avec la Breitling Navitimer
Trois mois après John Glenn, l'astronaute américain Malcolm Scott Carpenter décollait à bord de son vaisseau Aurora 7 et faisait trois fois le tour de notre planète bleue avant de revenir sain et sauf sur Terre. À son poignet, une Breitling Navitimer partit elle aussi dans l'espace ; elle compte aujourd'hui encore parmi les classiques et connaît régulièrement de nouvelles éditions. Le chronographe Breitling Navitimer Cosmonaute affiche les 24 heures sur un seul tour de cadran, si bien que Carpenter pouvait toujours lire l'heure exacte dans l'espace, qu'il fasse jour ou nuit dans l'obscurité spatiale. Depuis plus d'un demi-siècle, la Breitling Navitimer Cosmonaute est régulièrement rééditée par Breitling, au choix avec un boîtier en or rouge ou en acier inoxydable. Une édition dotée d'un boîtier en acier noir a été créée en 2013, produite à seulement 1 000 exemplaires. Le boîtier de la Breitling Navitimer affiche un diamètre de 43 millimètres ; le mouvement mécanique à remontage manuel offre une réserve de marche totale de 70 heures. La lunette est équipée d'une règle à calcul permettant d'effectuer directement sur la montre la navigation, le calcul de la vitesse moyenne, des taux de montée et de descente ainsi que de la consommation de carburant. Comme la Tag Heuer, la Breitling Navitimer Cosmonaute possède un cadran gradué de 1 à 24 et affiche ainsi la journée entière en un seul tour.
Le boîtier en or rouge, en acier inoxydable et en acier inoxydable noir
La version en acier inoxydable présente un cadran principal noir, des aiguilles blanches et des compteurs blancs. Les cadrans des versions en or rouge et en acier noir sont également noirs, les aiguilles y apportant des touches de rouge. Le fond du boîtier porte gravés les insignes de la mission Aurora 7, en souvenir du vol de Malcolm Scott Carpenter. Le nom Cosmonaute de la Breitling Navitimer pourrait s'expliquer par l'origine de la montre : le siège de Breitling se trouve à La Chaux-de-Fonds, dans le Jura, à la frontière française. On y parle principalement français, et « cosmonaute » est le terme français désignant les astronautes.
L'homme sur la Lune portait une Omega Speedmaster
Walter Schirra, cinquième homme dans l'espace, portait certes déjà une Omega Speedmaster en 1962, mais ces montres ne devinrent vraiment célèbres qu'en 1969, lorsque l'Omega Speedmaster de Buzz Aldrin – Neil Armstrong avait laissé la sienne dans le module lunaire pour remplacer l'horloge de bord défaillante – devint la première montre, et à ce jour la seule, à se poser sur la Lune. Auparavant, l'Omega Speedmaster avait réussi tous les tests de la NASA : elle avait résisté au froid glacial comme à une chaleur de 93 degrés Celsius, supporté vibrations, chocs et apesanteur, sans se laisser perturber par les champs magnétiques. En mars 1965, la NASA déclara donc l'Omega Speedmaster « qualifiée pour toutes les missions spatiales habitées ». Aujourd'hui encore, les montres Omega Speedmaster font partie de l'équipement des cosmonautes russes comme des astronautes américains, et c'est la seule montre homologuée pour les sorties extravéhiculaires à l'ISS.
De toutes les missions spatiales
L'Omega Speedmaster porte aujourd'hui encore le titre de Moonwatch. Elle séduit par sa robustesse, complétée par sa précision et sa bonne lisibilité. Les mouvements de l'Omega Speedmaster sont à remontage manuel et n'ont cessé d'évoluer. La première Moonwatch était animée par le calibre 321 ; elle est aujourd'hui livrée avec le calibre 1863. Pour les missions de la NASA, outre l'Omega Speedmaster, la G-Shock de Casio et la Timex Ironman Triathlon Data Link sont également prêtes à indiquer l'heure exacte.
Les montres Fortis ont elles aussi connu l'apesanteur
Le mouvement Lemania 5100 de Fortis est sans doute celui qui a subi les tests les plus rigoureux. Il a été poussé jusqu'à ses limites physiques dans la centrifugeuse à grande vitesse TsF-18 du centre d'entraînement des cosmonautes, près de Moscou. Le mouvement Fortis y a été soumis à une force de 12 G, soit douze fois l'attraction terrestre. À titre de comparaison, l'équipement d'un avion de chasse ne doit supporter que 9 G. Le mouvement a également passé sans encombre le vol parabolique simulant l'apesanteur, convainquant par sa précision. Même un test sous vide dans la chambre de pression du centre d'entraînement n'a eu aucune incidence sur sa précision. Après avoir prouvé ses aptitudes lors de ces tests, le mouvement Fortis a pu partir dans l'espace avec la mission Soyouz TM 19 et a été porté en sortie extravéhiculaire. Pendant plus de onze heures, les chronographes Fortis ont dû endurer des températures comprises entre 130 degrés Celsius et moins 170 degrés Celsius : tel est l'écart entre l'ombre de la Terre et l'exposition directe au soleil. Les cosmonautes russes portent les chronographes Fortis comme équipement officiel depuis 1994. Grâce à la neutralité suisse, les montres Fortis au caractère affirmé sont appréciées non seulement en Russie, mais dans le monde entier. Et pas uniquement par les pilotes.

