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Histoire du chronographe : des origines à nos jours

Die Geschichte des Chronographen

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Les chronographes sont aujourd'hui particulièrement prisés, surtout dans l'univers des montres homme. Pourtant, les bases techniques décisives de ce type de montres ont été posées il y a plus d'un siècle et demi. Chaque modèle offre ainsi à son propriétaire non seulement une fonction de chronométrage supplémentaire, mais incarne aussi un fascinant chapitre de l'histoire horlogère.

Un enfant aux multiples pères

Fascinant, il l'est déjà parce que la question de savoir qui a réellement inventé le chronographe reste au fond controversée. Quiconque se penche de plus près sur ce pan de l'histoire horlogère constate rapidement qu'il s'agit sans doute d'un enfant aux multiples pères. Car il a fallu de nombreuses innovations techniques avant que les horlogers ne soient en mesure de construire un « véritable » chronographe. Celui-ci se distingue des autres montres par sa fonction de chronométrage, sans être pour autant un simple chronomètre de poche, car le mouvement ne s'arrête pas lors de la mesure. Il est ainsi possible de mesurer certains temps tandis que l'affichage de l'heure courante continue de tourner normalement.

@wikipedia – Jackyyick
@wikipedia – Jackyyick

C'est d'ailleurs cette capacité à enregistrer certains temps qui a donné son nom à ce garde-temps. Celui-ci est composé des mots grecs chronos et grapho, qui signifient respectivement « temps » et « j'écris ». On désigne souvent comme inventeur Adolphe Nicole, qui mit au point en 1844 le cœur de remise à zéro et fit breveter cette invention. Toutefois, l'Anglais George Graham avait déjà trouvé dès 1720 une solution technique permettant d'estimer des durées avec une précision d'environ un seizième de seconde. Il peut donc lui aussi, à juste titre, être compté parmi les inventeurs du chronographe.

La première montre de poche dotée d'une fonction chronographe fut quant à elle présentée au public en 1862 par le Français Henri Féréol Piguet. Certes, il existait déjà quelque 60 ans plus tôt des montres de poche dont l'aiguille des secondes pouvait être arrêtée, mais sur ces modèles, l'arrêt entraînait encore celui de l'ensemble du mouvement. Pour chronométrer des temps intermédiaires avec une telle montre, il fallait à chaque fois additionner le temps d'arrêt.

« Faux » et « vrais » chronographes

Aujourd'hui, la montre de poche de Piguet à aiguille des secondes stoppable est d'ailleurs elle aussi qualifiée de « faux chronographe ». Le mérite d'avoir créé le premier « vrai » chronographe revient en revanche à l'horloger parisien Nicolas-Mathieu Rieussec, même si sa construction n'avait au départ que relativement peu de points communs avec les chronographes-bracelets actuels.

Son modèle était plutôt une montre capable d'« écrire » réellement les temps mesurés. À cet effet, il avait installé sur le cadran un petit stylet qui, pendant la rotation des aiguilles, consignait les temps mesurés au moyen de petits et de grands traits. Rieussec fit breveter son invention en 1822.

@watch-wiki – B. Luis / Andriessen
@watch-wiki – B. Luis / Andriessen

Une autre étape importante suivit en 1831, lorsque Joseph Thaddäus Winnerl mit au point une montre dont l'aiguille des secondes pouvait être arrêtée séparément. Winnerl, collaborateur d'origine autrichienne de la manufacture Breguet, inventa en outre une variante de chronographe dans laquelle deux aiguilles des secondes superposées pouvaient être arrêtées l'une après l'autre, de sorte que l'intervalle mesuré pouvait être déterminé par différence. Techniquement, cela exige l'intégration de deux mécanismes d'arrêt distincts, mais couplés entre eux. Un tel mécanisme à double aiguille se rencontre encore aujourd'hui dans diverses montres mécaniques haut de gamme et porte le nom de rattrapante, ou aiguille dédoublante.

Ce regard sur l'histoire horlogère le montre : le chemin a été long jusqu'aux modèles quartz et automatiques d'aujourd'hui, et toute une série d'inventions a rendu cette évolution possible.

Des garde-temps pour le poignet

Une fois trouvé, avec le cœur de remise à zéro, le moyen de ramener l'aiguille des secondes à sa position zéro par simple pression d'un bouton, les chronographes présentaient déjà une caractéristique fonctionnelle essentielle qui les distingue encore aujourd'hui. En 1868, Auguste Baud entreprit de construire le mécanisme additionnel d'aiguille chronographe, toujours d'usage aujourd'hui, sous forme de cadrature côté mouvement.

Quelques décennies plus tard, les montres portées au poignet acquirent enfin, à la suite d'une innovation de Breitling, l'aspect caractéristique que la plupart d'entre elles arborent encore aujourd'hui : une montre-bracelet dotée de deux poussoirs distincts. L'un sert à démarrer et à arrêter, tandis que l'autre permet de remettre l'aiguille chronographe à zéro.

Évolutions modernes à mouvement automatique ou quartz

Un chronographe-bracelet mécanique moderne est généralement un modèle automatique ; il existe par ailleurs de nombreuses montres à quartz dotées d'une fonction chronographe. On chercha d'abord – parallèlement à l'évolution des montres sans mécanisme de chronométrage – le moyen d'équiper aussi les chronographes d'un remontage automatique. Dès 1946, Albert Piguet avait mis au point un prototype en ce sens avec Lémania. Il allait toutefois s'écouler encore plus de vingt ans avant que le premier chronographe automatique n'atteigne le stade de la production en série.

En 1969, trois fabricants se livrèrent une course serrée pour présenter le premier modèle automatique fabriqué en série. Zenith et son mouvement « El Primero » l'emporta finalement de justesse face à Seiko et son calibre 6138/39, ainsi que face à une coopération réunissant Heuer, Breitling, Dubois-Dépraz et Büren. Avec l'essor des montres à quartz dans les années soixante-dix, les garde-temps automatiques faillirent pourtant être évincés. Un modèle quartz est en effet non seulement bien moins coûteux à produire, mais offre en outre une fonctionnalité nettement plus étendue qu'une automatique. Dans le sillage de la renaissance générale des montres mécaniques haut de gamme, les chronographes automatiques connaissent toutefois de nouveau un grand succès depuis le milieu des années 1980 et sont bien plus appréciés des amateurs de belle horlogerie que les montres à quartz dotées d'une fonction chronographe.

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Il n'est donc pas étonnant que presque toutes les grandes manufactures horlogères lancent régulièrement de nouvelles collections dans ce domaine. Il s'agit souvent de montres-bracelets au design résolument sportif, mais on trouve aussi de nombreux chefs-d'œuvre dont le style correspond à celui d'une montre habillée classique.

Tour d'horizon de quelques montres chronographes actuelles

Un exemple typique de chronographe automatique moderne et sportif est la Breitling Avenger Bandit, avec son robuste boîtier en titane, ses chiffres pochoir typiques de l'aviation et son bracelet en textile high-tech militaire et caoutchouc.

Si vous recherchez un chronographe à quartz haut de gamme, vous opterez peut-être pour la Tag Heuer Formula 1 Quartz ou la Tag Heuer Aquaracer 300M Quartz.

Et si vous souhaitez une version particulièrement luxueuse, la Rolex Cosmograph Daytona dans l'une de ses nouvelles déclinaisons en or fait assurément figure de grande favorite.

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