« Trois générations de classiques vintage »
Aujourd'hui, le nom Omega Dynamic ne parle plus guère qu'aux historiens de l'horlogerie ou aux amateurs de montres vintage. Il faut dire que plus de vingt ans se sont écoulés depuis que les dernières montres portant ce nom sont arrivées sur le marché – avant d'en disparaître rapidement. Certaines d'entre elles paraissent pourtant étonnamment modernes aujourd'hui et font rêver les amateurs de rétro d'une réédition de ces classiques Omega. Nous nous penchons pour nos lectrices et lecteurs sur un chapitre intéressant de l'histoire d'Omega.
Omega Dynamic – la mauvaise montre au mauvais moment ?
Omega s'y est repris à trois fois pour imposer sur le marché des modèles baptisés « Dynamic ». Or, ce sont précisément les modèles au nom peut-être le plus « dynamique » de l'histoire de la maison dont les ventes ont globalement manqué de dynamisme. La troisième et dernière génération, en particulier, est restée très en deçà des attentes. En regardant ces trois générations aujourd'hui, on a peut-être du mal à le comprendre, car avec le recul, leurs dessins paraissent remarquablement modernes.
Peut-être ces montres ne correspondaient-elles tout simplement pas au goût du public de leur époque, alors qu'une réédition serait aujourd'hui dans l'air du temps ? Quoi qu'il en soit, en tant que montre vintage, la Dynamic est très appréciée et volontiers portée.
Design rétro et minuterie chemin de fer : la troisième génération
Si l'on pose côte à côte des exemplaires des trois générations de l'Omega Dynamic, on remarque que la plus récente est, par son design, celle qui paraît la plus « ancienne ».
Son cadran à la minuterie chemin de fer caractéristique ainsi que le dessin de ses chiffres, aiguilles et index rappellent les anciennes montres militaires et d'aviateur. De fait, ce modèle reprend l'esthétique d'un classique Omega des années 1950 aujourd'hui peu connu : la RAF Pilots' Watch de 1953.
Contrairement à celle-ci, la troisième génération de la Dynamic, lancée en 1997, n'était cependant pas seulement proposée en version trois aiguilles avec guichet de date, mais aussi dans une exécution chronographe. Cette dernière dispose de deux compteurs à 3 h et à 9 h.
Elle est peut-être, avec le recul, la montre vintage parfaite, et de nombreux fabricants proposent des modèles comparables dans leurs collections actuelles.
Il est d'autant plus regrettable que ce modèle se soit assez mal vendu à l'époque, probablement éclipsé par d'autres classiques Omega tels que la Speedmaster ou la Seamaster. Cette montre à l'allure plutôt sportive possédait un boîtier robuste en acier inoxydable et un bracelet du même matériau, mais était également disponible sur bracelet cuir. Elle était animée par un mouvement mécanique à remontage automatique, le calibre 1138.
Comme il est d'usage sur les montres militaires et d'aviateur, ses aiguilles des heures et des minutes ainsi que ses chiffres des heures étaient généreusement recouverts de matière luminescente afin de garantir une bonne lisibilité de l'heure, même dans l'obscurité.
La première « Dynamic » d'Omega : un design digne d'un prix pour commencer
À l'opposé de la nostalgique montre d'aviateur de la troisième génération, la première génération de l'Omega Dynamic ne regardait pas vers le passé, mais proposait au contraire un design résolument actuel pour son époque. Conçue à l'origine comme la contribution d'Omega au concours du Prix de la Ville de Genève en 1965, elle fut commercialisée à partir de 1968. Jusqu'à la fin de sa production en 1972, plus d'un million d'exemplaires avaient tout de même trouvé preneur. Il s'agissait d'une montre mécanique trois aiguilles avec guichet de date à 3 h, logée dans un boîtier en acier inoxydable caractéristique, de forme légèrement elliptique dans le sens de la largeur. Les amateurs du design des années 1970 devraient littéralement s'enthousiasmer à la vue de son cadran.
Celui-ci se révèle particulièrement séduisant sur le plan graphique et ravit l'œil par des touches telles qu'une trotteuse centrale bleu clair ou orange – selon la version – et une couronne rayonnante formée par la minuterie et les index des heures. Les chiffres ont été supprimés, sans que la lisibilité en pâtisse. La montre dégage une élégance moderne et discrète, tout en paraissant sportive et fraîche. Elle était livrée avec un bracelet en acier inoxydable et un bracelet en Corfam noir. Ce dernier était un type particulier de cuir synthétique. Pour garantir une bonne respirabilité, il était doté d'une perforation rappelant les gants de conduite. Un outil de changement de bracelet, également fourni, permettait de remplacer facilement le bracelet.
Lors du développement de la première Dynamic, les designers d'Omega n'avaient toutefois pas seulement accordé une grande importance à une esthétique à la fois attrayante et fonctionnelle, mais tout autant à une forme ergonomique, épousant parfaitement le poignet et offrant un grand confort au porter. Si Omega décidait un jour prochain de rééditer ce modèle, il pourrait sans doute compter sur l'accueil bienveillant des revendeurs et surtout des amateurs d'horlogerie.
Originale, géniale ou déroutante ? – la deuxième génération de la Dynamic
Ce serait sans doute moins certain pour la deuxième génération, lancée en 1984. Tant par son design que par ses caractéristiques techniques, elle est une enfant typique de son époque. Au premier regard, on y verrait sans doute plutôt une Swatch qu'une pièce de la collection Omega. Cela ne plaide pourtant ni contre la montre ni contre l'un des deux fabricants, mais montre plutôt que l'industrie horlogère suisse, elle aussi et même tout particulièrement, traversait au milieu des années 1980 une phase de recherche d'orientation.
Celle-ci avait été déclenchée par la crise du quartz et s'accompagnait, pour de nombreux fabricants, de l'exploration de nouvelles voies – tant en matière de design que de technique horlogère.
Toutes ces tentatives n'ont pas été couronnées de succès, et beaucoup d'entre elles ne sont aujourd'hui que de petites anecdotes de l'histoire horlogère, parfois intéressantes, mais rarement marquantes. Cela vaut plus ou moins aussi pour la deuxième génération de la Dynamic. Elle reposait sur un concept modulaire d'apparence très moderne, destiné à faciliter le changement de bracelet. À cet effet, chaque bracelet, quel que soit son matériau, intégrait un anneau métallique dans lequel on insérait le boîtier, bloqué par-dessous au moyen d'un second anneau et d'une sorte de fermeture à baïonnette. Chaque exemplaire était livré avec un outil spécial permettant de serrer et de desserrer l'anneau de fixation.
Le dessin du boîtier et du cadran laissait encore percevoir des réminiscences de la première génération, sans toutefois atteindre sa fascinante présence. Au lieu d'un mouvement automatique, elle était animée par le calibre quartz ETA 1430. Fruit d'une évidente phase de quête d'identité d'Omega après les dures années de la crise du quartz, la deuxième génération de la Dynamic connut un succès limité, et sa production fut arrêtée au bout de quelques années seulement.
Trop dynamique pour un grand succès commercial ?
Le fait que ce soit précisément la troisième génération de l'Omega Dynamic, décrite plus haut, qui se soit le moins vendue a sans doute scellé le sort de cette ligne de modèles quelque peu malchanceuse.
Bien que son prix fût tout à fait abordable et son design rétro cohérent, il s'en serait vendu moins de 8 000 exemplaires au total. La Dynamic n'est ainsi restée qu'un épisode dans l'histoire d'une maison qui, avec des modèles comme la Speedmaster, la Constellation ou la Seamaster, a prouvé à maintes reprises qu'elle était parfaitement capable de créer de véritables icônes de l'horlogerie de luxe.
C'est pourtant justement la comparaison avec un classique Omega comme la Speedmaster, et la légendaire Moonwatch qui en est issue, qui donne une indication claire de l'une des causes principales du faible accueil réservé à la Dynamic. Trois montres fondamentalement différentes en trois décennies, c'était manifestement trop pour les placer de manière crédible sur le marché sous un seul et même nom. Une évolution plus prudente et plus continue aurait peut-être été la meilleure voie.
Ceux qui espèrent une réédition de la Dynamic, qu'on ne trouve actuellement qu'avec beaucoup de chance sur le marché du vintage, peuvent puiser au moins un peu d'espoir dans quelques revivals Omega de ces dernières années, qu'il s'agisse de la « 1957 Trilogy » présentée à Baselworld 2017 ou de la Seamaster Bullhead de 1969, elle aussi ramenée à la vie. Il est donc tout à fait possible qu'Omega offre un jour une seconde vie à la Dynamic – et que la dynamique des ventes soit alors à la hauteur des attentes du fabricant.


